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FORT DU BRUISSIN

8 mai 2010 – Photo Regards du Ciel (J.-Ph. Restoy)

Du 14 au 18ème siècles, la défense d’un Lyon en pleine extension comporte plusieurs enceintes reliées par des dispositifs parfois sommaires tels que chaînes relayées par des barques, ponts fortifiés (Pont de la Guillotière), bastions isolés, redoutes, ou autres ouvrages … La première ceinture, implantée à 2,5 Km environ à l’extérieur de la ligne de défense préexistante, est construite en 1830 par le Général Hubert Rohault de Fleury (1779-1866. Elle comporte 15 forts et 3 lunettes.

D’une longueur de 65 Kms, elle comporte 18 forts et 6 batteries construits en 16 ans de 1876 à 1893.

Le Fort du Bruissin est achevé en 1881 (date inscrite au fronton surmontant l’entrée). Il disposait d’une puissance de feu de 33 canons, dont 6 d’artillerie lourde positionnées sur le cavalier  (point culminant) et pouvait accueillir une garnison de près de 300 hommes.

CARACTÉRISTIQUES GÉNÉRALES: Sur un terrain de 170 000 m2 acquis par l’armée en 1878, au point culminant de la commune (310,00m), l’ensemble défensif du Bruissin comportait :

Le Fort proprement dit entouré d’un fossé sec d’une longueur développée de 1000m environ.

Une batterie sud (orientée vers Chaponost) protégeant le flanc Une batterie Nord, commandant la vallée de l’ Yzeron, acquise de l’armée dans la seconde moitié du 20ème siècle.

La commune de Francheville acquiert le Fort du Bruissin en 1979, décide en 1988 une opération « phare » afin de faire connaître le site (réhabilitation « lourde » du bâtiment d’entrée).

 Fort du Bruissin-Plan de repérage remanié (conservé)          Le Fort du Bruissin comporte 4 faces en ligne brisée. Les 4 faces sont cernées par un fossé de largeur variable (12 à 14 mètres) et de 6 à 8 mètres Le bâtiment d’entrée, auquel on accède par une passerelle métallique franchissant le fossé de gorge élargi, occupe une surface au sol de 325 m2. Le casernement occupe une surface totale au sol de 2700 m2. Le Fort du Bruissin ne fut jamais mis à l’épreuve d’une invasion. Pendant la première guerre mondiale l’armée utilisera ce bâtiment comme dépôt de munitions. Les troupes d’occupation allemandes l’occupèrent à la fin de la seconde guerre mondiale et bétonnèrent les 2ème et 3ème chambres à partir de l’extrémité Sud sur toute la hauteur du 1er étage.
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Tunnel sous  parados : A droite, portail de la galerie d’accès à la caponnière double

Caponnière à 3 angles de tir

(à gauche, au fond et à droite)

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Meurtrières haute et basse de tir au fusil  Poudrières Nord et Sud (capacité de 40 à 50 tonnes

Ces locaux, destinés à stocker la poudre noire (et non les munitions) sont implantés aux extrémités Nord et Sud du casernement. Le danger d’explosion justifie cet éloignement de la partie habitée du casernement (20 mètres minimum). La conservation de la poudre exige une ventilation permanente pour éviter toute trace d’humidité dans l’air, l’absence de tout matériau susceptible de produire des étincelles, un éclairage artificiel et un accès protégé par un sas de 12 m2 permettant le stockage et la manipulation de petits matériels d’exploitation. Le sol est constitué par un plancher en chêne de forte épaisseur (conservé dans la poudrière sud), assemblé par clous en bronze comme toutes les serrureries des portes de sas en panneaux de chêne de 10cm d’épaisseur (alliage qui a la propriété de ne jamais produire d’étincelles).

LE FORT EN CHIFFRES -

Surface du terrain acquis par l’armée (1878) pour la construction du Fort 17 ha
Surface du terrain acquis par la Municipalité en 1979 10 ha
Déblais extraits des fossés (pioches, pelles, brouettes) 57000 m3
 Volume (en m3) de maçonnerie pierre et béton 25 000 m3

MISE EN VALEUR DU FORT DU BRUISSIN – En 1981, la ville de Francheville achète le site du Fort du Bruissin alors mis en vente par l’Etat (Ministère des Armées), et décide de réhabiliter le lieu. Dans un premier temps (en 1988) , le Corps de Garde est aménagé afin d’y accueillir un espace d’accueil et un logement de gardien.

La rénovation des bâtiments est menée conjointement à la mise en  valeur  des espaces naturels extérieurs. Selon l’architecte responsable de la restauration,       » l’ensemble des bâtiments composant le Fort et des espaces extérieurs doivent être accessibles au public, afin que celui-ci puisse découvrir le plus librement possible la richesse du lieu, tant au niveau historique, patrimonial qu’environnemental ».

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 Le Fort en 1908 La restauration du Fort en 1988

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