Archives pour la catégorie Grandes propriétés et « leurs » célébrités

LA SALETTE et la famille Brossette

Photo J.-Ph. Restoy – Regards du ciel – 30 janvier 2010

La propriété

Située au nord de Francheville, à l’ouest du chemin des Hermières, en face du chemin des Ifs, cette propriété a subi de nombreuses mutations. Successivement propriété privée, puis cédée aux Pères de la Salette en 1936, elle est devenue récemment un ensemble immobilier privé, « Le Manoir des Hermières ». De 1861 à 2005, cette propriété connut plusieurs propriétaires dont la famille Croizat (1861) et leurs descendants Brossette, Flory et Feuga, descendants d’ Hippolyte Croizat, qui firent construire vers 1885 pour leurs 3 familles. Raymond Feuga, tout jeune architecte, gendre de Julie Croizat (épouse de François Brossette) conçoit les plans de cette maison parfois appelée château Brossette (ci-dessous le 17 octobre 2005). 10-15-Salette01-la propriété (2005-10-17)

Son petit-fils Paul Feuga (+2014), membre de l’Académie des Sciences, Belles lettres et Arts de Lyon nous a confié de nombreux plans établis par son grand-père. La famille Feuga vend la propriété aux pères Salésiens en 1939 via la Société immobilière de l’ouest lyonnais. C’est alors que la propriété prend le nom de « La Salette ».

La Chapelle

Le permis de construire déposé en 1962 concernait une Maison d’étudiants. Il lui a été ajouté un avenant incluant la chapelle, pour une surface construite de 576 m2, qui précisait: « […] un petit clocher calculé pour une cloche de 100 à 300 kg, à sonnerie à mouvement rétrograde …] ».

 10-15-Salette40-Chapelle-(2005-10-17)  10-15-Salette46-chapelle -intérieur nettoyé
 17 octobre 2005

Cet ensemble dont l’aspect rappelait certaines réalisations de le Corbusier a été démoli lors de la réalisation du nouvel ensemble immobilier « Le Manoir des Hermières ».

Le parc 10-15-Salette27-(2005-10-17)

17 octobre 2005

Ce parc, très riche en espèces, comporte plusieurs arbres conservés dans le nouvel ensemble (tilleuls, hêtres, platanes, saules, érables, frênes, cèdres, pins, et bien d’autres encore). Plusieurs d’entre eux sont classés comme arbres remarquables, cèdre bleu de l’atlas, plusieurs platanes, hêtre commun, hêtre pourpre notamment.

Brossette et l’Académie

10-15-Salette78-Brossette et l'académieLes Brossette de la lignée de Francheville descendent de Claude Julien Brossette, seigneur de Varennes Rapetour (1671-1743). Ce Lyonnais, correspondait avec Fontenelle, Boileau, Voltaire, J.-B. Rousseau et Louis Racine (le poète). Louis Racine, le plus jeune des deux fils de Jean Racine, restera toute sa vie hanté par la gloire de son père (il avait, raconte-t-on, sans cesse sous les yeux le vers de Phèdre : « Et moi, fils inconnu d’un si glorieux père »). Claude Brossette jouissait de son vivant d’une grande notoriété au sein de la République des Lettres.  Il avait entretenu avec Boileau (dont il était devenu l’ami et le spécialiste attitré) une correspondance suivie de 1699 à 1710. Avec 6 autres Lyonnais, il créa l’ « Académie des sciences et belles-lettres », au début de l’an 1700. En 1713, d’autres Lyonnais, conduits par Jean-Pierre Christin, créent une académie qui, après diverses évolutions, deviendra la « Société royale des beaux-arts ». En 1758, des lettres patentes royales réunissent les deux académies en une seule « Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon ».

LA FALCONNIERE et la famille Annat

10-06-Falconnière01-plan couleur-(1882) extraitSituée à Francheville-le-Bas, l’entrée se trouve chemin de la Chauderaie. La propriété s’étendait autrefois jusqu’à la Grande rue, jusqu’à Sainte–Foy à l’Est, Tassin au Nord, et à l’avenue du Châter. Morcelée au fil des ans il reste aujourd’hui la maison et les dépendances dans un grand parc bordé par le chemin de la Chauderaie, le chemin des Tours et l’allée du parc de l’Ormoise. Des lotissements ou immeubles remplacent les terrains vendus peu à peu, comme celui de la Falconnière en 1962, entre la propriété actuelle et la Grande rue. « Le parc de la Falconnière » comprend 3 immeubles de 6 et 7 étages. Le lotissement de l’Ormoise est construit à la place du jardin potager. L’ensemble de la propriété a été vendu en 2013 à une société immobilière.

10-06-Falconnière13-vue de la rueAux XVIème-XVIIème siècle il y avait un relais de chasse avec des faucons, ce qui aurait donné son nom à la propriété. Avant 1857, César Catherin Saunier hérite de son père Adrien Saunier.

 10-06-Falconnière21-2ème façade, véranda et orangerie-CP -(1915-05-23) 10-06-Falconnière26-2ème façade, véranda et orangerie-(2009-09-22)
 La maison en 1915  septembre 2009 – en bas ,  l’Orangerie

En 1857 Claude, Marie (épouse de André Félissent), Louis, Blandine (épouse de François de Pallière), et Henriette (épouse Frappa) Saunier héritent de leur père César Catherin.

En 1862, François Mouth leur achète la propriété.

En 1871, Antoine Biétrix, négociant chimiste de Lyon achète la propriété à François Mouth. Les Biétrix, les Annat (Pierre Annat ayant épousé en 1913 Elizabeth Bietrix petite fille d’Antoine), les Favrot (Marguerite Bietrix ayant épousé Jean Favrot en 1922), ont habité la propriété. D’après les registres paroissiaux et les archives de l’Aveyron, plusieurs branches de la famille sont répertoriées (à Estaing par exemple), d’où sont issus entre autre François Annat, jésuite confesseur de Louis XIV de 1654 à 1670 et Antoine Annat, ancêtre des Annat de Francheville, décédé en 1619, propriétaire vigneron à Madailhac. Son descendant Pierre Annat, épouse en 1913 Elisabeth Biétrix (descendante d’Antoine de Miribel) et héritière de la Falconnière. Marguerite Bietrix décède en 1956, Elizabeth Bietrix en 1978. La famille Raymond Galle s’installe à la Falconnière de 1976 à 2013.

 

 

LE COLOMBIER et Antoine Richard

Le Domaine du Colombier (photo Georges Révillon)

Origines

Cette propriété est située à mi-chemin entre l’église Saint-Roch de Francheville le Haut et l’Yzeron,  bien visible quand on traverse le nouveau pont. Elle a appartenu à. Antoine Richard époux de Jeanne de Rodillas, fille de “ noble François, seigneur du Colombier, l’un des cent gentilhommes de la Chambre du Roi ”. Un acte de 1643 mentionnait l’anoblissement d’Antoine Richard, et le transfert à cette famille de cette propriété de la famille Rodillas. Antoine Richard, maître d’hôtel du cardinal de Lyon (Alphonse de Richelieu, frère du ministre de Louis XIII), obtint l’autorisation d’avoir « Château, avec tours, créneaux et colombier ». Le domaine se serait appelé La Rafournière  jusqu’en 1644, nom encore mentionné sur un terrier de 1745. Ce nom a été rapproché des frères Rafourno, propriétaires de terrains à Francheville depuis le début du XIII°siècle. Le nom de « Colombier », élément architectural attesté sur un terrier de 1786, correspondait au XVII°siècle à un privilège réservé à la seule noblesse. Il a été aboli par  l’Assemblée Nationale en 1789.

Vers XIII°-XIV° siècle : famille Rafourno ou Rafournière

Mi-XVI°siècle (au plus tard) jusqu’à 1639 : famille Rodillas10-04-Colombier-(2005-03-04)

Le Colombier et Saint Roch – 25 janvier 2005

A partir de 1639, le domaine devient propriété de la famille Richard et son histoire est dès lors plus documentée. La famille Richard du Colombier va posséder ce domaine jusqu’à la Révolution.

Propriétaires récents du domaine: Dr Jean Laurent, Jean Claude Laurent puis Dominique Allirot. L’ensemble a été  vendu « par appartement » vers 2004 à différents propriétaires.

 Eléments remarquables

Le bâtiment a donné lieu à de nombreuses interprétations. Une mention de 1655, le qualifierait de “ maladrerie ”. Un écusson accueille encore aujourd’hui à l’entrée le visiteur, portant la mention “ HIC HOSPITIUM ALIBI – 1655 ” dont le sens général, en mot à mot, pourrait être –et encore avec beaucoup de réserves- “ ici hospitalité à ceux d’ailleurs ”.

10-04-colombier07-Ecusson d'accueil-(2011-04-01)    L’écusson vu de la montée du Colombier (avril 2011) 

Une fonction de surveillance semi-militaire à l’origine n’est pas à écarter, compte tenu de la vue directe qu’offre une meurtrière en forme de croix, sur la montée depuis l’Yzeron.

 10-04-colombier-Meurtrière extérieure  10-04-colombier-Meurtrière intérieure-(2011-04-01)

Meurtrière vue de la montée du Colombier, et vue de l’intérieur de la cour

Quant au colombier, il a été détruit à la fin du XIX°siècle et reconstruit “ à l’identique ” en 1901 à un autre emplacement.

La source de Pinozant

Attestée sur plusieurs plans anciens, elle était (est) toujours d’usage public. Le premier accès, abandonné depuis le début du 20ème siècle arrivait à la montée de la garde, en traversant ce qui est aujourd’hui le « Domaine du Colombier ». Le second accès, en haut du CD75, a été créé au moment de sa percée. Il est condamné aujourd’hui pour raison de sécurité (ci-dessous).

   10-04-Colombier17-Pinozant-Fontaine (accès)   10-04-Colombier-Pinozant-source réelle-IMGP2684-(2008-02-27)

L’abri de la fontaine, auquel on accédait par le chemin vicinal au dessus, porte toujours une plaque peu lisible: “Fontaine de Pinozant – propriété Duchampt ” (soit vers 1800). Cet abri permettait d’accéder à la propriété du Colombier par une porte en bois fermée à clé coté propriété, sur laquelle on peut lire des graffitis … centenaires (1909). L’accès à la parcelle est toujours propriété communale. Il se situe Grande rue, en face du nouveau parking de la mairie.

Le petit train d’agrément (vers 1935)

De la cour d’entrée (coté montée du Colombier) jusqu’à une petite gare accolée au pont du Merderet sous la Chardonnière, on pouvait voir un petit train d’agrément, à vapeur, construit pour le docteur Jean Laurent, et destiné aux promenades des propriétaires. Il passait sous la « vraie » voie ferrée de la ligne de Givors. Cette voie ferrée avait une longueur de plusieurs centaines de mètres, avec un embranchement allant jusque sous le viaduc du chemin de fer où avaient lieu des concours de démarrage en côte de locomotives. Plusieurs de ces éléments étaient encore visibles en avril 2011.

 

 

La propriété REYRE et les LACENAIRE

Située 18 rue du Vieux château, cette propriété a été réhabilitée en 2005 et subdivisée en 2 maisons et 4 appartements.

Elle a abrité la famille Lacenaire de 1800 à 1811, et Ernest Reyre (maire de Francheville de 1892 à 1909).

                                              10-08-Reyre-Felissent (01-1)-(2004-07-16)   10-08-Reyre-Felissent (01-2)-est-(2004-07-16)
2004 Façade ouest  2004 Façade est

Novembre 1769 : Vente Claude Borde/ Benoît Rast

Mariage à la Croix Rousse de Jean Baptiste Lacenaire et Marguerite Gaillard (parents de François Lacenaire)

acte n°12 – aujourdhuy onze fevrier 1793 l’an 2 de la République françoise pardevant nous mêmes Officier Civil comparu le citoyen Jean Baptiste Lacenaire teneur de livres demeurant a Lyon rue des Bouchers et de la citoyenne Marguerite Gaillard cy présents lesquelles parties nous ont requis de leur donner acte de leur promesses de mariage dûment publiées et affichées dans leurs (?) respectives conformément a la Loy et sans qu’il apparu aucune opposition et des (?)….

19/11/1800 (28 brumaire an IX): Acquisition par adjudication de Jean Baptiste Lacenaire (document introuvable) 20/12/1803 :

naissance à Lyon (et non pas à Francheville) de Pierre François Lacenaire  20/12/1803 (voir infra)

…………………………………………………………………………………….

29/09/1869 : adjudication à Ernest Reyre fils du précédent.

La propriété a une superficie de l’ordre de 29 ha. Elle comportait entre autres les terrains actuellement occupés par le centre commercial et les établissements Boiron. Jusqu’aux années 1980, ces terrains étaient appelés « Le pré aux lapins ».

25/06/1913 : Décès de Ernest Reyre qui ne laisse pas d’héritier direct. Mr Victor Antoine Bellissen hérite de la propriété 25/09/1955 : Sa fille Marguerite Marie épouse Felissent hérite, et sa fille Anne Suzanne épouse Verney reçoit la propriété en donation le 23/10/1972..

Deux sociétés spécialisées dans la rénovation de bâtiments anciens ont acheté la maison et le terrain attenant, jusqu’au pigeonnier. Le projet est réalisé en concertation avec l’architecte des Bâtiments de France, dans le cadre des contraintes liées au Vieux château. Dans la cour, le tilleul, un des arbres remarquables de Francheville, est préservé ainsi que le portail, rénové.

10-08-Reyre-Felissent (05)-(2004-05-04)

La dépendance constitue une maison individuelle. Les anciennes granges et écuries sont aménagées en deux maisons. La grande demeure de 600 m2, avec caves, est transformée en quatre appartements, dont un de 250 m2. L’extérieur rénové garde son cachet et les belles boiseries, les parquets, les vitraux, sont conservés à l’intérieur.

 La famille Lacenaire

Pierre François Lacenaire, né le 20 décembre 1803, 62 rue Pas Étroit (actuelle rue du Bât d’Argent), à Lyon, est le quatrième enfant et le deuxième fils de Jean-Baptiste Lacenaire et de Marguerite Gaillard, qui connaît treize grossesses entre 1799 et 1809. Ils avaient acquis le 19 novembre 1800 une propriété de Francheville (sous le vieux château) ultérieurement habitée par Ernest Reyre, maire de Francheville.

Après des études chaotiques, il fut déserteur dans l’armée, faussaire, auteur de nombreuses escroqueries, voleur, maître chanteur, assassin … Transféré à Paris à la prison de La Force le 18 avril 1835, jugé avec Avril et François devant la cour d’assises de la Seine du 12 au 14 novembre, il fut condamné à mort avec Avril et réintégra la Conciergerie deux jours plus tard. Après sa condamnation, il rédigea ses Mémoires et plusieurs poèmes que l’on peut consulter dans les archives de l’école de police de St Cyr au Mt d’Or. Il fut guillotiné à la prison de la Force ( Paris ) le 9 janvier 1836.

 13-02-Portrait Lacenaire 2  13-02-Poème Lacenaire
 Lacenaire  Poèmes écrits en prison

Parmi la nombreuse littérature qui lui est consacrée, on peut citer l’ouvrage paru en 2002 : Pierre-François Lacenaire, « Mémoires », 2002, Editions du Boucher. Seules sa mère et sa nourrice semblent lui avoir laissé d’heureux souvenirs d’enfance. Parlant du mariage de ses parents et de sa mère:

« Mon père fut pourtant longtemps à se décider; la différence d’âge l’effrayait : j’ai dit qu’il avait 47 ans, ma mère en avait 18. […] qu’on se peigne, dis-je, un homme semblable uni à une femme qui aurait pu passer pour sa fille, et qui, par sa beauté, ses talents et les succès qu’elle obtenait dans le monde, ne devait pas désirer de lui dire un éternel adieu. […].  Six ans s’étaient écoulés depuis leur hymen, et mes parents n’en avaient aucun fruit.  Ne comptant plus désormais se créer des héritiers, il jugea à propos de se retirer des affaires; de sorte qu’après avoir liquidé son commerce, il acheta une superbe propriété à deux heures de Lyon. […]. »

Sa (courte) vie aventureuse a inspiré de nombreux auteurs et scénaristes. Pour le cinéma ou la danse, on peut citer:

1945 : Les Enfants du Paradis, réalisé par Marcel Carné, rôle incarné par Marcel Herrand.

1990 : Lacenaire, réalisé par Francis Girod. Rôle incarné par Daniel Auteuil.

2011-07-06 : Les Enfants du Paradis, ballet diffusé sur la chaîne Mezzzo en octobre 2012, avec l’Orchestre de l’Opéra national de Paris, sur chorégraphie de José Martinez.

Le Chatelard et les Ruolz

(vue aérienne 2010 – Regards du ciel – Philippe Restoy)

Histoire du Chatelard

Situé presque au point culminant, Le Chatelard (de castrum,  château) domine Francheville. Une occupation préhistorique ou romaine du site, qui semblerait logique, est suggérée par de maigres indices. Les bâtiments visibles aujourd’hui semblent dater du XVIIème siècle pour les plus anciens. Les premières mentions, très brèves, apparaissent dans des documents de reconnaissance aux chanoines de Saint-Just, par Robert Chastel qui possède en 1507 un terrain situé « Au territoire du Chastelard ou du Molardie », et vers 1550 par Jacques Pascard possédant « la quarte partie d’un bois » au territoire du Chastellard.

Jean Bernou, bourgeois de Lyon, est le premier propriétaire documenté de façon continue, à partir de 1664. Il reçoit en 1683 de Mgr l’archevêque Goushard la permission de bâtir la chapelle du Chatelard qui existe encore de nos jours. La chapelle est bénie le 28 octobre 1683.

 10-05-Chatelard-chapelle-(2010-12-23)2La chapelle Bernou (extérieur) 

La chapelle Bernou (intérieur)
La chapelle Bernou (intérieur)

Jean Bernou était un personnage en vue de Francheville car il est cité comme important donateur lors de la bénédiction de l’église St Roch de Francheville le Haut le 20 Novembre 1689, à la suite de gros travaux d’extension. Il effectue de nombreuses acquisitions de terrains et son domaine atteint 16,5 hectares en 1690 (reconnaissance aux chanoines de Saint-Just faite devant le notaire Guérin le 3 janvier 1690).

La famille de Ruolz

Originaire de Serrières (Ardèche), la famille Ruolz vient s’établir à Lyon au début du XVIIIème siècle. Jean Pierre Marie de Ruolz, qui réunit à son nom celui de Montchal, ayant épousé Jeanne-Marie Sabot, petite fille de Jean Bernou, est à l’origine de son établissement au Chatelard. En août 1749, Charles-Joseph de Ruolz acquiert des chanoines de Lyon la seigneurie de Francheville. La « colonne de justice », malheureusement martelée sans doute pendant la révolution pourrait en être le symbole.

Colonne de justice au Chatelard
Colonne de justice au Chatelard

Les achats de terrains ou domaines (les Razes pour 18000 livres en 1752, château de Chaponost en 1782…) se poursuivent. La propriété du Chatelard va rester dans la famille jusqu’à son extinction au début du XXème siècle.

François-Xavier Marie de Ruolz sera maire de Francheville, de 1808 à 1829. Son fils Léopold (1805-1879) demande à son ami Antoine Marie Chenavard, architecte de l’opéra de Lyon, de modifier la façade qui domine Francheville et donne au bâtiment la superbe apparence visible à plusieurs kilomètres qu’elle a encore aujourd’hui.

Histoire récente

La famille de Ruolz s’éteint le 16 Janvier 1907 avec sa dernière représentante la Marquise de Ruolz‑Montchal, Joséphine de Labeau Bérard de Maclas, dont la tombe se trouve dans le caveau familial au cimetière de Francheville (on y trouve également le comte Hilaire de Chardonnet, Membre de l’Institut, inventeur de la soie artificielle, époux de Marie-Antoinette-Camille de Ruolz, mort en 1924).

La propriété est héritée par sa sœur Jeanne, veuve de Marie Alexandre de Miribel, puis par la petite-nièce de celle-ci, Marie Carmen de Miribel épouse de Mr. Victor Camille Seys, qui la revend le 28 avril 1917 à l’industriel François Ledin. Mme Suzanne Marie Josèphe Mathon, épouse de Pierre Camille Gaëtan Cabaud industriel demeurant aux USA l’achète en 1924. Elle meurt en juillet 1929 au cours d’une épidémie de typhoïde dans l’ouest lyonnais due à une pollution accidentelle du réseau de distribution d’eau potable. Dans l’impossibilité de gérer le domaine, Pierre Cabaud, père de 6 jeunes enfants, met le Chatelard en vente.

En octobre 1929 les Pères Jésuites, par l’intermédiaire du Comte de Poncins en deviennent exploitant, suite à l’adjudication par Vente aux Enchères à la société anonyme «La campagne lyonnaise» constituée pour les besoins de la cause. La Compagnie de Jésus n’était en effet plus reconnue juridiquement en France, suite à la loi de 1905 instituant la séparation des églises et de l’état. « La campagne lyonnaise » louait Le Chatelard à « l’Association Saint Régis » qui en assurait la gestion : entretien, rémunération des intervenants (jésuites ou laïcs) et du personnel. Le bâtiment étant destiné à des sessions de retraite ou de formation religieuse avec hébergement, des travaux importants ont dû être entrepris (adjonction d’un cloître, agrandissement de fenêtres, aménagement du toit).

En 1990, l’ « Association Saint Régis » devient l’ « Association Le Châtelard », et la « Campagne lyonnaise » propriétaire devient l’ « Association Les amis du Châtelard », avec la transformation d’une S.A en association régie par la loi de 1901 !!! On imagine les difficultés administratives qu’il a fallu résoudre pour transformer cette S.A en Association à but non lucratif. L’occupation annuelle du Chatelard a représenté 30 000 journées de participants en 2012.

Les guerres

Pendant la première guerre mondiale des blessés, dont certains d’origine serbe, ont été hébergés au Chatelard en juin 1917 : l’établissement était alors référencé sous le nom de HC58 (Hôpital civil 58), château de Ruolz (302 lits réservés aux Serbes) ouvert le 1/6/1917. Certaines cartes postales de l’époque comportaient même la légende « Réserve de Serbes » (sic).

Pendant la seconde, le père Ricard, directeur, a caché en 1943 Herman Labedz, un technicien juif de nationalité belge, lui évitant la déportation. Le père Ricard a reçu en 1993, à titre posthume, la « Médaille des Justes » décernée par le Yad Vashem de Jérusalem.

Façade du Chatelard (côté Sud-Est) en 2012
Façade du Chatelard (côté Sud-Est) en 2012

Les bâtiments et alentours (informations complémentaires)

Nous avons déjà parlé des aménagements suite à l’arrivée des jésuites. En 1970 et 1990 des extensions ont été réalisées côté Nord-Ouest (salle de réunion pouvant servir de chapelle quand celle du bâtiment principal est trop petite). A noter que l’entrée principale avec son perron (voir photo) n’est plus utilisée. A l’origine une avenue bordée d’arbres y conduisait depuis le bourg. Elle avait l’inconvénient d’être très pentue et a été remplacée par une autre, côté Nord-Ouest. Un lotissement, « Le clos de Francheville » a été construit sur sa partie inférieure.

L’escalier central (en calcaire à gryphées, très utilisé dans la région lyonnaise pour cet usage) a la particularité d’avoir des contre marches de 18 cm dans sa première volée, 15 cm dans la 2ème et 13 cm dans la 3ème. Est-ce parce qu’on se fatigue de plus en plus en montant ?

Le sous-sol comporte 3 belles caves voutées.

Cave voutée à usage de chapelle
Cave voutée à usage de chapelle

Un réseau de souterrains à usage de captage permettant de recueillir l’eau de la colline traverse la propriété en s’étendant sur au moins trois cents mètres, .

Le bâtiment de la ferme, utilisée pour cet usage jusqu’en 1978, héberge des groupes pour un prix modique.

La ferme du Chatelard
La ferme du Chatelard

Les Ruolz, artistes et ingénieurs

Louis Marie Hilaire Bernigaud , comte de Chardonnet, inventeur de la soie artificielle (1839-1924)

Né à Besançon il entre à Polytechnique en 1859 où il eût pour condisciple Sadi Carnot. Il fait un premier séjour à Lyon en 1865 où il rencontre Marie-Antoinette Camille, fille du baron François de Ruolz-Montchal, nièce de l’inventeur de la dorure galvanique Henri de Ruolz (que le jeune Hilaire admire depuis son enfance),  et de Léopold, sculpteur. Hilaire épouse Camille l’année suivante en l’église St-François-de- Sales à Lyon.

Avec la mort de son beau père et de son père, il devient héritier de leurs fortunes, d’un titre de noblesse, puisqu’en tant que fils aîné, il accède au titre de comte de Chardonnet.

 Un touche-à-tout de génie

A la fois chimiste, physicien et physiologiste, sa grande invention fut la soie artificielle. Les Anglais diront en 1914 de cette invention : « It is more than an invention, it is an absolute creation ». Ses premiers fils de soie sont obtenus en 1883. Toute sa vie durant, il améliora les procédés de fabrication et connut de nombreuses difficultés de mise au point qui le ruinèrent, même si le succès industriel fut enfin obtenu en 1900. Après la Grande Guerre, il devient membre de l’Académie des Sciences.

IMGP0568Les soyeux lyonnais s’intéressent très vite à cette soie artificielle, qui peut apporter une réponse à la crise du ver à soie (tissus de soie devenus trop chers). Malgré les critiques des opposants à son invention, Chardonnet obtient à l’exposition internationale et coloniale de Lyon en 1894 deux grands prix, celui du tissage et celui des produits chimiques. La soie artificielle a été ensuite appelée « rayonne », fibre obtenue à partir d’un procédé chimique différent, les premiers tissus étant très inflammables.

Il est enterré à Francheville dans le caveau familial des Ruolz.

 Anne de Chardonnet sculpteur et chimiste (1869-1926)

Fille d’Hilaire de Chardonnet (voir ci-dessus), elle est la petite nièce du sculpteur Léopold de Ruolz (voir ci-dessous).

Ne pouvant pas entrer à l’Ecole des Beaux-arts (interdite aux femmes jusqu’en 1897), elle fut formée par Mathurin Moreau (1822-1912) et Jules Franceschi (1825-1893).

Buste Chardonnet-musée de BesançonElle expose des groupes, des statues et des bustes au Salon des Artistes Français de 1911 à 1926. Entre autres statues, le buste de son père Hilaire de Chardonnet qu’elle a sculpté  (ci-contre) est toujours visible au Musée des Beaux-arts de Besançon..

 Mais elle avait bien d’autres talents. Elle avait fait de solides études de chimie, au point de déposer un brevet d’invention pour la récupération des vapeurs d’éther et d’alcool contenues dans l’air, procédé utilisé pour la fabrication de celluloïd ou de soies artificielles.

Léopold Marie Philippe de Ruolz, sculpteur (1805-1879)

 Né à Francheville, Léopold-Marie-Philippe de Ruolz, comte de Ruolz, grand oncle d’Anne (voir ci-dessus), était sculpteur et ami de Chenavard. Il épouse en 1829 Marie-Thérèse-Dauphin de Goursac, filleule de la duchesse d’Angoulême et du roi Louis XVIII.

05-02-HdV- Buste de Cicéron1-1Il fut nommé Professeur à l’école des Beaux-arts de Lyon en 1845. De 1836 à 1840 il eut pour élève Jean-Antoine Cubisole qui, en 1845, exécuta son portrait sur un médaillon d’ivoire.

Buste de Cicéron par Leopold de Ruolz (mairie de Francheville).

objet classé IN 23-02-1995

 Henri Catherine de Ruolz-Fontenay, musicien et chimiste (1808-1897)

 Henri de Ruolz musicien

1830 : Attendre et courir (opéra-comique en un acte composé en collaboration avec Halévy), 1835 : Lara (opéra), 1839 : La Vendetta (opéra), des chœurs, des cantates, un Requiem

 Henri de Ruolz-La Vendetta texteAlexandre Dumas raconte l’étonnante histoire d’un de ses amis dont il ne révèle le nom qu’à la toute fin: le vicomte Henri de Ruolz.  En révélant le nom de son ami, Dumas demande au lecteur de ne pas ébruiter qu’il a aussi écrit la partition de deux opéras respectivement joués à Naples (Lara en 1835) et à Paris (La vendetta, en 1839). Ci-contre le costume de Duprez,  l’un des protagonistes de la Vendetta.

« Dès l’enfance, celui-ci manifeste un double talent pour la musique et la chimie. A 12 ans, c’était un Beethoven en herbe et un Lavoisier en germe, écrit Dumas. Un jour, le jeune Henry décide de fondre ses soldats de plomb dans une coupe d’argent. Il découvre avec stupéfaction que l’argent filtre le plomb. »

 Il connaît le triomphe avec « Lara », mais apprend peu après qu’il est ruiné. « Être artiste sans fortune à Naples, c’est comme mourir de faim », écrit Dumas.

De retour à Paris, il compose un nouvel opéra, La Vendetta, créé à l’Opéra de Paris le 11 septembre 1839 où il y recueille de nombreuses et sévères critiques.  Dégoûté de la musique, il se consacre à la chimie.

 Henri de Ruolz chimiste

 De retour à Paris, il est contacté par un joaillier (qui connaissait ses expériences d’alchimiste), avec l’ambition de trouver le moyen de dorer de fines broches sans emploi du mercure qui tue trop d’ouvriers. Henri multiplie les expériences, mais il accumule les échecs. La dorure ne tient pas, une fois frottée ou polie. Il persévère et trouve enfin quelqu’un qui croit en lui. Les expériences se suivent et révèlent que tous les métaux peuvent être collés les uns sur les autres, sans mercure.

L’Académie des Sciences demande à Henry d’expliquer son secret, la confrérie des doreurs au mercure est aux aguets. En 1842, il reçoit finalement le prix de l’Académie pour sa découverte.

En 1840, les frères Elkington prirent un brevet le 27 septembre en Angleterre tandis que de Ruolz, qui ne les connaissait pas, en prenait un en France le 19 décembre. Le nom commun  de « ruolz » est encore utilisé aujourd’hui pour désigner l’alliage utilisé en orfèvrerie, composé de cuivre, de nickel et d’argent.

ROUSSILLE et Théodore Côte

Roussille-Panoramique PF
Ce domaine est situé à Francheville le haut, rue de la Doulline.
HISTORIQUE DU DOMAINE
17/4/1792 – Charles Bernardin CHIRAT (et son épouse) acquiert un domaine situé sur la commune de Francheville comportant Maison de Maître, bâtiments pour exploitation, écurie, hangar.
16/2/1822 – Le Tribunal Civil de Lyon attribue à Jean-Pierre Antoine CHIRAT, le domaine ci-dessus défini
10/5/1822 – Jean-Pierre Antoine CHIRAT, juge de paix à Saint Laurent de Chamousset vend ce même domaine à Joseph François VACHON-IMBERT, habitant à Lyon place Saint Clair, Adjoint au Maire.
31/12/1844 – Joseph François VACHON–IMBERT vend le domaine à Théodore CÔTE et son épouse Zoé Constance PIOBERT.
Théodore CÔTE donne au domaine le nom de « ROUSSILLE », en souvenir d’une propriété de famille sise à Panissière près de Tarare.
Il est Maire de Francheville, de 1871 à 1878, et préside à la construction du Pont Neuf (dont il est l’un des principaux donateurs à titre privé), permettant le prolongement de la Grande Rue, depuis le Vieux Château de Francheville le Bas, jusqu’au Bourg du Haut.
Dans les années 1870, il avait acquis le château de l’Arthaudière à St Bonnet de Chavagne (Isère) qui depuis le 12ème siècle avait successivement appartenu aux familles Arthaud et de La Porte puis en 1848 aux Marcieux.
Arthaudière-IMGP0961
Ce sont ces-derniers qui le vendront à Théodore Côte.
1895 – Décès de Théodore CÔTE : sa fille Charlotte Aline CÔTE, veuve de Paul MICHEL, hérite de ROUSSILLE.
2/1/1907 – Charlotte Aline CÔTE fait donation entre vifs à Madame Théodorine, Marie, Louise MICHEL, veuve de Paul Henri RAVIER.
Charles RAVIER, fils de Paul Henri RAVIER et Théodorine Marie Louise MICHEL, en héritent à leur tour.
De son vivant, il fait donation à quatre de ses filles de trois hectares du Domaine, chacune. Il fait construire plusieurs maisons sur les dits terrains.
Charles RAVIER meurt en 1968, son épouse Colette FRACHON en 1985.
On notera que l’Atlas Napoléon de 1824 donne de ROUSSILLE un périmètre sensiblement identique à celui qui figure au plan cadastral en vigueur en 2004.
L’Atlas mentionne la plus ancienne maison comportant une aile et un bâtiment attenant : écuries et services. Ce dernier, après diverses réhabilitations, sert aujourd’hui de logements.
En 1968 le domaine s’agrandit par l’acquisition du Moulin du Gôt, sur la rive gauche de l’Yzeron. En 1946 s’installe dans ses bâtiments une fabrication de pierres à briquets. Un incendie provoque la cessation de cette activité.
Actuellement, ROUSSILLE renferme 30 parcelles cadastrées pour une surface totale de 30 hectares environ. Le domaine est cerné par un véritable anneau « de bâti » constitué de plus de 200 logements pavillonnaires et de 60 logements collectifs. Ce domaine constitue un parc paysagé aux deux tiers de sa surface, naturel sur le reste parcouru par plus de 800 mètres de rivière Yzeron, véritable poumon de « dépollution » 

 

La Chardonnière et les Vidilly

10-02-La Chardonnière-(2009-06-23)-(16)

Le bâtiment « Gubbio » (à gauche) et le plus ancien « Rivo Torto » (à droite)
Situation géographique
Située dans la périmètre Grande rue, montée des Roches, chemin de la Chardonnière et rue du Robert, cette importante propriété de 5 hectares est déjà mentionnée au XV ème siècle comme appartenant à Jean Vidilli (voir infra) .

Les constructions récentes (Gubbio), édifiées par les Sœurs franciscaines, masquent la belle demeure qui avait été édifiée autrefois. Les surfaces bâties occupent près de 4000 m2.

Le parc (clos de murs) dont la grille d’entrée s’ouvre sur l’ancienne Route de Malataverne, avait d’autres issues sur les anciens chemins du Gareizin et de La Chardonnière. Le terrain a été tronqué en 1885 par la route qui relie le grand pont de l’Yzeron au bourg de Francheville le Haut et par la donation en 1890 par Madame Félissent d’une parcelle sur le bord de cette même route (actuelle grande Rue) où elle fit bâtir l’école libre de garçons (la Bouée Sainte Bernadette) .
Origines de propriété
1°) Le nom de  » Chardonnière » désigne non seulement la propriété proprement dite mais encore tout le quartier environnant ; il a une origine assez vague (on sait seulement qu’un Jean Vidilli était propriétaire à la Blanchardonnière à Francheville). On retrouve ce patronyme de Vidilli dès 1380.
 
2°) – ………………1845 Louis PAULLIAN hérite  de son père François PAULLIAN (décédé en 1838).La succession de Mr PAULLIAN père se composait entre autre  » d’un domaine situé à Francheville composé de bâtiments de maître et d’exploitation, cour, jardin, prés, terres, vignes et bois estimés à deux cent mille francs « .
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7°) – ……………….1932  : Vente aux Sœurs franciscaines .
8°)  septembre 2008 : Vente au Foyer Notre Dame des Sans abris
 
La congrégation des Sœurs franciscaines de la propagation de la foi (1932-2008)
La maison était habitée depuis 1932 par une communauté de soeurs franciscaines. En 1994 ‘une fraternité de frères capucins s’est installée dans le pavillon dit de « St. Damien » dans le but de participer  à la mise en place d’un projet de vie et d’accueil, fondé sur les valeurs franciscaines de François et de Claire d’Assise.   
Saint François d’Assise (1182- 1226), était un religieux catholique italien.

Cette Maison mère de la Congrégation des  » Soeurs franciscaines de la Propagation de la Foi  » -née à Couzon au Mont d’Or- a, pendant de nombreuses années, ouvert ses portes à l’accueil de personnes et de groupes désirant profiter du cadre, des espaces et des locaux..

Les différents lieux-dits de la Maison rappellent la période de Saint François.

 
RIVO -TORTO :
L’accueil a lieu  par une belle et grande porte cochère.

‘RIVO-TORTO’ est le nom du corps de bâtiment d’accueil, ancienne ferme (XVI°-XVII°s.) de pierre et de pisé (voir photo en tête d’article).

 
A l’étage : on trouve d’anciennes granges transformées en chambres-dortoirs et en une grande salle de conférence et de rencontres de groupes (110 places) dédiée à Pauline JARICOT, chrétienne lyonnaise du XIX° qui fut à l’origine de l’oeuvre pontificale de la Propagation de la Foi et dont se sont inspirées les soeurs franciscaines de ce lieu.
 
GUBBIO:
 Ce lieu franciscain voudrait offrir à toute personne venant profiter de cette maison d’accueil un espace de convivialité, de réconciliation, d’échanges et de partage, un véritable espace de Paix, comme Assise.

Chaque niveau de ce bâtiment porte le nom d’un des quatre éléments, base de toute vie et chantés par St-François dans son Cantique à Frère Soleil. On distingue: .

 10-02-La Chardonnière-le feu-(2009-06-23)-(13)
le rez-de-chaussée (de la cuisine à la dernière chambre):

la TERRE (le brun et le vert dominent), c’est aussi la terre habitée de peuples.

le 1° étage : l’EAU qu’il nous faut respecter. Un oratoire ‘L’EAU VIVE’ , lieu de ressourcement spirituel.
 le 2° étage : le FEU

Le 3° étage : l’AIR, le vent, les nuages, le ciel … (couleurs claires)

Le feu du 2ème étage
 
 
 
             Avant de regagner le cloître et l’accueil, on peut accéder à la Chapelle de la Chardonnière, remarquable par ses vitraux en briques de verre et sa belle luminosité. Lieu de célébration, de rassemblement.              10-02-La Chardonnière-vitraux-(2009-06-23)-(19)

 

Le Foyer Notre Dame des Sans Abri
 
En décembre 2007, décision a été prise de vendre la Chardonnière dont l’activité d’accueil était déficitaire à la suite des travaux de rénovation et de mises aux normes. 
C’est désormais Le Foyer NOTRE-DAME DES SANS-ABRI qui est le propriétaire des lieux depuis décembre 2008.

Pour accomplir ses missions et aider les personnes seules et les familles en grande difficulté, cette association dispose de nombreux sites comportant accueils de jour, centres d’hébergement d’urgence, centres d’hébergement et d’insertion (dont la Chardonnière) et ateliers d’insertion.

Le Foyer Notre Dame des Sans Abri (financé à 50% par l’Etat, et à 50% par des ressources propres), réservé à Francheville aux hommes en phase de réinsertion (68 places), reste une maison d’accueil fidèle à sa vocation. Une dizaine de personnes en assurent l’encadrement médical et administratif, une trentaine de bénévoles donnant par ailleurs beaucoup de leur temps pour permettre au FOYER d’assurer sa mission.

Le domaine va ainsi conserver son identité avec l’ouverture sur l’extérieur et les liens qu’elle possède avec la Ville et les associations. Le site de la Chardonnière est adapté pour assurer un lieu de vie et d’accueil, un hébergement stable d’insertion, pour des personnes sans domicile fixe.

 Les Vidilly
Jean Vidilly (ou Vidilli) était propriétaire à la Blanchardonnière au 15ème siècle. On retrouve mention de ce patronyme dès 1380.
 Le porteur est originaire de Rive-de-Giers, un autre Pierre Vidilly était devenu notaire du Chapitre de Saint-Just (mort en 1493) à ce titre et dans cette fonction, il a dû acquérir des biens dans la paroisse de Francheville. Ce Pierre Vidilly fut le père de Hugo Vidilly, juge et propriétaire du Châtelard en 1509. Hugo Vidilly fut, de 1532 à 1548, secrétaire de l’Hôtel-Dieu de Lyon (fonction honorifi que mais très onéreuse), et donateur du tabernacle monolithe à l’église de Francheville (1532).
Cette pièce classée comme monument historique (voir chapitre « Synthèse patrimoniale ») a été trouvée et conservée plusieurs années dans la cour même de la maison de la rue de mairie du Dr Richard de Francheville. Ce monolithe (tabernacle?) aurait été offert par Hugo Vidilli à son épouse Catherine Crepot de Varissan (dont la famille était titulaire de la rente noble de Francheville depuis 1592) lors de son mariage et leur accession à la seigneurie de Francheville.
               04-01-St Roch-Vidilli-IMGP0098-inscription latine-(2010-12-09)   04-01-St Roch-Vidilli-IMGP0102-Blasons-(2010-12-09)

 Cette  œuvre avec

vitres rouges fit

faire Marius Hugo

Vidilli, notaire royal

 Blason Vidilly